• Alex 50km Lahti Champion
    • Alex Harvey et Lenny Valjas prendront leur retraite à la suite des finales de la Coupe du monde de ski à Québec

      21 mars 2019

      QUÉBEC—Alex Harvey et Lenny Valjas marqueront la fin d'une des périodes les plus réussies de l'histoire du ski de fond au Canada lorsqu’ils franchiront la ligne d'arrivée dimanche après les trois épreuves des finales de la Coupe du monde à Québec.
       
      Les amis âgés de 30 ans et deux des meilleurs skieurs que Nordiq Canada ait jamais produits, feront leurs adieux à leur carrière de skieurs de compétition lors de la dernière Coupe du monde de la saison sur leur neige natale, du 22 au 24 mars.
       
      « Comme toute grande décision dans la vie, il faut faire ce qui est bon pour soi », a dit Harvey, qui a grandi à St-Ferréol-les-Neiges, au Québec, à quelques kilomètres du parcours de course du week-end. « La retraite ne me fait pas peur. J'arrête parce que c'est le bon moment et j'ai hâte de reprendre une vie normale.
       
      « La fin de semaine sera haute en émotions. Il n'y a pas beaucoup de gens qui peuvent dire qu’ils feront leur dernière course sur leur propre neige, donc ce sera très spécial. »
       
      Aujourd'hui âgé de 30 ans, Harvey est né un an après que son père, Pierre Harvey, soit devenu le premier Canadien à gagner une course internationale de ski à Falun, en Suède. Ironiquement, 23 ans plus tard, Falun a été le théâtre de la première des sept victoires en Coupe du monde de la vedette nordique. Falun est devenu un foyer loin de chez lui pour le triple olympien. Au cours de sa carrière, il est monté sur le podium de la Coupe du monde à Falun à cinq reprises. Deux de ses victoires et deux de ses cinq médailles de Championnat du monde ont également été remportées sur le parcours suédois.
       
      Fort du succès de son père et de ses trois médailles aux Championnats du monde juniors, Harvey a suivi la voie vers le podium de la Coupe du monde que lui ont tracée Beckie Scott et Sara Renner à la fin du siècle dernier.
       
      Son arrivée au sein de l'équipe nationale de ski a également coïncidé avec celle d'un ami de longue date, Devon Kershaw, qui a accompli ce qui était autrefois impensable pour un homme canadien dans ce sport : mettre les élites mondiales à l'épreuve. En 2006, Kershaw est devenu le premier homme canadien depuis Pierre Harvey à remporter une médaille en Coupe du monde.
       
      « Voir Devon finir dans le top-10 assez souvent, et avoir un ou deux podiums par année, m'a vraiment fait croire que cela peut se faire à un niveau supérieur. Ce n'était pas trop loin de mon imagination. C'était à notre portée », a déclaré Harvey, qui terminera ses études en droit ce printemps.
       
      Ça l'était certainement.
       
      Justement, la première des 30 médailles en carrière de Harvey en Coupe du monde a été remportée sur la neige à Whistler, en Colombie-Britannique, lorsqu'il a remporté la médaille de bronze avec George Grey au sprint par équipe, en 2009.
      Harvey et son ami de longue date, Kershaw, ont terminé quatrième au sprint par équipe aux Jeux olympiques d'hiver de 2010 à Vancouver et Whistler.
       
      L'année suivante, le duo canadien a vraiment attiré l'attention du monde entier lorsqu'ils ont fait équipe pour devenir les premiers Canadiens à remporter une course de ski de fond des Championnats du monde, remportant l'or au sprint par équipe à Oslo, en Norvège, le berceau du sport.
       
      « Pour être au sommet, il faut avoir un peu d'égo. Je l'ai quand j'en ai besoin. Il faut avoir confiance en soi pour devenir champion du monde, a dit Harvey.
       
      Le matin du sprint par équipe à Olso, j'ai demandé à Devon : « Comment te sens-tu à quelques heures de devenir champion du monde ? Je ne sais pas pourquoi, mais ce matin-là, dans ma tête, j'étais convaincu que nous allions gagner. Ça prend parfois cet égo, mais il faut pouvoir le mettre de côté aussi. »
       
      Au cours des sept années qui ont suivi, les fondeurs canadiens ont fait preuve d'une démarche semblable et ont rendu hommage à de nombreux athlètes qui sont montés sur le podium international, notamment : Chandra Crawford, Daria Gaiazova, Perianne Jones, Ivan Babikov, Lenny Valjas et Knute Johnsgaard.
       
      Harvey et Kershaw ont continué à montrer la voie en remportant des médailles en Coupe du monde partout dans le monde. Harvey a terminé deux fois troisième au classement général de la Coupe du monde (2013-14 et 2016-17). Il a également terminé troisième au classement général du prestigieux Tour de Ski en 2018.
       
      Un nouveau niveau a été atteint en 2017 lorsque Harvey est devenu le premier champion du monde canadien dans une course individuelle de ski de fond, remportant l'épreuve reine - le marathon de 50 kilomètres chez les hommes.
       
      « La plus grande victoire de ma carrière est sans aucun doute mon titre mondial remporté à Lahti en février 2017. Ce jour-là, sur 50 kilomètres, j'étais le meilleur au monde. J'ai battu cinq Norvégiens, quatre Russes, quatre Finlandais et tous les autres. Sur papier, c'est mon plus grand triomphe », a dit Harvey.
       
      La meilleure et la plus déchirante course du triple olympien a peut-être eu lieu il y a un an lorsqu'il a terminé quatrième dans la course de 50 kilomètres aux Jeux olympiques d'hiver de PyeongChang, franchissant la ligne à seulement six secondes du podium.
       
      « C'était l'une de mes meilleures courses Alex Harvey et c'est tout ce que je peux demander aux Jeux olympiques », a dit Harvey. « C'est comme ça que je peux être fier de moi. »
       
      La performance constante de Harvey au sommet de la scène mondiale a inspiré la même confiance à un groupe dynamique de jeunes skieurs de fond. L'un d'entre eux était Lenny Valjas, qui est souvent passé sous le radar de la domination internationale de Harvey et Kershaw. Deux fois athlète olympique, Valjas terminera aussi sa carrière dimanche à Québec, où il a passé six ans au centre d'entraînement régional.
       
      « Pour moi, ca fait un moment que j'y pense. J'ai envisagé de m'arrêter après les Jeux olympiques, mais j'ai eu une blessure l'an dernier et j'étais en colère parce que je ne skiais pas bien. Je voulais skier en santé pendant encore un an », a dit Valjas, qui retournera probablement à l'école, mais qui prendra un certain temps pour décider de la suite.
       
      « Il y a eu quelques moments cette année où j'ai dit : « C'est la fin. Je vais m’ennuyer de la vie sur le circuit de la Coupe du monde, mais c’est tout. C'est fini pour moi. »
       
      Le plus grand athlète du circuit de la Coupe du monde avec ses 6 pieds 6 pouces, le Torontois a rapidement défié les probabilités après son arrivée dans l'équipe nationale de Nordiq Canada, il y a 10 ans. Il est ensuite devenu le troisième skieur masculin le plus titré de l'histoire du Canada.
       
      Bénéficiant d’une génétique athlétique, Valjas est le fils de deux joueurs de volleyball universitaires accomplis. Sa sœur a également représenté le Canada au volleyball de plage des Jeux olympiques de 2016. Sa sœur et son frère jouent également au volleyball à l'Université de Toronto.
       
      Valjas entame son dernier week-end de course avec sept médailles en Coupe du monde. L'un des athlètes les plus naturellement doués du programme canadien, il était prêt à prendre le départ sur toutes les distances et dans tous les formats de course, atteignant le podium en ski classique et en skate aux épreuves de sprint, distance moyenne et par équipe.
       
      Deux de ses podiums étaient avec Harvey. Le duo canadien a fait équipe pour remporter une course de sprint par équipe en Coupe du monde en 2017 à Dobbiaco, en Italie. Le triomphe médaillé d'or est survenu à peine une semaine avant de marquer un autre chapitre de l'histoire lorsqu'ils ont fait équipe avec Kershaw et Knute Johnsgaard pour devenir les premiers Canadiens à atteindre le podium en Coupe du monde en ski de fond, décrochant le bronze dans la course 4x7,5 km.
       
      « Avec du recul, le fait d’avoir partagé le podium avec Alex au sprint par équipe et tous les quatre dans ce relais était vraiment spécial », a dit Valjas, qui a également partagé le podium lors d'une journée électrisante du Tour de Ski en 2013, en remportant l'argent, suivi d’Harvey avec le bronze, à l'épreuve de 15 kilomètres classique.
       
      « C'est ce qui me manquera le plus, être avec mes coéquipiers sur la route. La vie de coureur va me manquer, c'est sûr. Mais je vais vraiment m'ennuyer de tous les soupers et de passer du temps avec mes coéquipiers en Europe. »
       
      Valjas a fait lever les amateurs de ski canadiens de leur siège au sprint aux Jeux olympiques d'hiver de 2018, où il a obtenu une excellente septième place, le meilleur résultat jamais obtenu au sprint olympique masculin par un Canadien.
       
      Il espère retrouver un peu de magie ce week-end sur les plaines d'Abraham.
       
      « Ça va être un week-end génial et c'est spécial d'être à la maison. Il y a une partie de moi qui veut que ce soit terminé, et une autre partie qui ne veut pas que ça se finisse, » dit Valjas. «  Ce qui est important, c'est qu'il s'agit d'une Coupe du monde. Nous allons nous battre et nous n'allons pas laisser de chance à personne. »
       
      Valjas et Harvey ont le privilège de faire leurs adieux aux amateurs canadiens de ski de fond qui ne manqueront pas de s'aligner sur le parcours de Québec au cours des prochains jours, un parcours où Harvey a remporté une médaille d'or et d'argent il y a deux ans lors de la dernière édition de la Coupe du monde à Québec.
       
      « Les plus grandes émotions (de ma carrière) ont été vécues à Québec en 2017. Ma victoire au sprint sur les plaines d'Abraham, même s'il ne s'agissait que d'une Coupe du monde, m'a enchanté comme rien d’autre, a dit Harvey.
       
      Harvey et Valjas dirigeront une nouvelle génération de 27 autres Canadiens des quatre coins du pays, dont Russell Kennedy, Dahria Beatty Katherine Stewart-Jones et Emily Nishikawa. S'appuyant sur leurs meilleures performances personnelles, les jeunes Canadiens sont prêts à prendre le relais et à porter le flambeau pour le Canada en ski nordique vers 2022 et les années à venir.
       
      « J'espère avoir aidé à hausser le plafond de verre pour les skieurs canadiens, tout comme mon père, Beckie Scott, Devon Kershaw et les autres avant moi. J'espère avoir été un bon modèle pour les jeunes skieurs. J'espère leur avoir montré que le ski est amusant et qu'il est possible de devenir champion du monde », a dit Harvey.
       
      « Ces jeunes sont rapides et forts », ajoute Valjas. « Nous ne savons pas quelle est la limite pour ces jeunes. Ils affichent déjà les chronos qu'Alex faisait quand il avait leur âge. Il va y avoir un petit écart, mais ces jeunes sont talentueux, et nous pourrions avoir des podiums de Coupe du monde plus tôt que nous le pensons. »
       
      La fin d'une époque, et le début d'une nouvelle direction pour l'équipe nationale de ski, commence vendredi à Québec avec les courses de sprint. Une course de moyenne distance avec départ groupé aura lieu samedi. Les épreuves de poursuite masculine et féminine auront lieu dimanche.
       
      Détails de la compétition: https://cdmskidefondquebec.com/ 
       
      Nordiq Canada est l’organisme directeur du ski para nordique et de fond au Canada; sport d’hiver et activité de loisir par excellence pratiqué annuellement par plus d’un million de Canadiens. Ses 60 000 membres regroupent des athlètes, des entraîneurs, des officiels et des skieurs de tous âges et de tous niveaux. Avec le soutien de ses partenaires d’entreprise, Haywood Securities Inc., AltaGas Swix et Lanctôt Sports, ainsi que le gouvernement du Canada, le Comité olympique canadien, le Comité paralympique canadien, À nous le podium et B2Dix, Nordiq Canada forme des champions olympiques, paralympiques et mondiaux. Pour plus d’information sur Nordiq Canada, veuillez nous visiter à l’adresse www.nordiqcanada.ca.