Concilier le ski de haut niveau et les études postsecondaires : portrait de deux athlètes

    28 janvier 2015

    Un horaire d'entraînement rigoureux vient avec beaucoup de sacrifices, et pour plusieurs athlètes, cela signifie choisir entre les études postsecondaires traditionnelles et le ski de haut niveau.  Bien que les athlètes se sentent forcés de choisir entre l’option des études supérieures et celle du ski de haut niveau, l’éducation n’a pas à s’arrêter après le secondaire pour l’athlète élite.   La décision de poursuivre les deux nécessite un réseau de soutien adéquat, une décision consciente de l'athlète à trouver le bon équilibre et une autodiscipline.

    Il y a plusieurs approches possibles qui varient pour chaque athlète.  Cet article fait le portrait de deux athlètes qui ont pris les quatrième et cinquième rangs lors de la sélection de l’équipe des Championnats du monde U23 en janvier 2015 : Alannah MacLean et Kendra Murray.  Ces deux jeunes femmes en sont à leur quatrième année d’études universitaires à temps plein.  Elles ont toutes deux démontré une motivation, un niveau d’engagement, une résilience, une responsabilité et une passion pour le sport dans leur quête d’excellence sportive et académique.

    Alannah-MacLean---NDC-TBay.jpgAlannah MacLean étudie à l’université Lakehead où elle complète sa quatrième année d’un baccalauréat en psychologie avec une mineure en biologie.  Alannah s’entraîne au Centre national de développement (CND) de Thunder Bay depuis le début de ses études universitaires.  Après sa graduation de l’école secondaire il y a quatre ans, Alannah a décrit son choix entre le ski et l’école de cette façon : « de ne pas poursuivre mes études après le secondaire me faisait peur».  Elle a décidé de faire fi des obstacles apparents et de concilier les études postsecondaires à temps plein avec le ski.

    Pour Alannah, le premier obstacle à surmonter était celui de renoncer aux bourses académiques et de ne pas pouvoir accéder aux RÉÉE si elle ne fréquentait l’école qu’à temps partiel.  Le deuxième obstacle était de se faire accepter par le Centre national de développement en tant qu’étudiante à temps plein.  Alannah a trouvé le soutien dont elle avait besoin au sein de l’université Lakehead et du CND.  L’université Lakehead, qui avait déjà l’expérience avec ses programmes sportifs universitaires,  s’est montrée flexible et comprenait les demandes et le style de vies associées au ski.  Ils étaient ouverts à accommoder ses déplacements et à travailler avec des surveillants au sein du sport lorsqu’elle avait à faire des examens durant ses voyages.  Le CND de Thunder Bay a élargi sa flexibilité pour permettre à Alannah d’étudier à temps plein.  Le CND a établi un poste de Liaison du conseil avec l’université; une personne ressource à qui les athlètes communiquent leurs besoins d’entraînement et de compétition et qui en retour informe les professeurs de chaque athlète.  Le Conseil a aussi permis à l’entraîneur-chef de surveiller les examens durant les voyages, une tâche qui peut prendre entre neuf à 15 heures par semaine de compétition.     

    Alannah a fait preuve d’une bonne dose d’autodiscipline et d’une excellente gestion de son temps dans sa décision de poursuivre ses études à temps plein et son entraînement de ski.  Alannah habite près de l’université, ce qui lui permet d’y accéder rapidement.  Elle a choisi ses cours en fonction de l’horaire d’entraînement matinal du CND.  Elle travaille à temps partiel et a pris des cours durant l’été.  Il est normal pour elle d’accomplir 75% de sa charge de cours dans un hôtel ou un café.

    Kendra Murray complète sa quatrième année d’un programme de droit et d’études juridiques à l’Université Carleton. Kendra-Murray-Easterns-2013.jpgAprès le secondaire, Kendra se voyait mal choisir entre le ski et son éducation et disait : « je ne pouvais imaginer l’un sans l’autre ».  Kendra a un point de vue unique sur la recherche d’équilibre entre le ski et l’éducation, elle décrit les deux comme étant complémentaires.  Kendra remarque que ces deux activités lui apportent la structure dont elle a besoin durant cette période de vie et procurent à ses accomplissements un ordre et une orientation.  Kendra souligne qu’à cet égard, la première année universitaire peut s’avérer exigeante jusqu’à ce que la routine de la vie universitaire s’établisse mais qu’avec le soutien d’athlètes qui ont passé par la même transition, l’ajustement à la vie universitaire et de ski se fait très bien.

    Le réseau de soutien de Kendra comprend l’équipe universitaire de ski de Carleton, le club de ski de Whitehorse et l’équipe de ski du Yukon, l’université Carleton et de l’entraînement personnel.  L’équipe de ski universitaire de Carleton est un regroupement de fondeurs des clubs avoisinants surtout provenant des clubs Nakkertok et SC Ottawa.   Le programme universitaire soutient trois compétitions par année avec, au cours des dernières années, une participation aux courses NCAA dans le Maine.  De plus, l’équipe de ski octroie des bourses sportives et offre un service de thérapie du sport.  L’équipe de ski universitaire joue un rôle important dans la vie sociale universitaire de Kendra.  Pour sa participation aux autres compétitions tel que les Championnats nationaux, Kendra compte sur le club et l’équipe de Whitehorse-Yukon.  En plus du soutien du club et de l’équipe de Whitehorse-Yukon, Pavlina Sudrich a élaboré le plan d’entraînement de Kendra cette année, en collaboration avec l’horaire d’entraînement du l’équipe de Carleton.  Kendra travaille et s’entraîne à Whitehorse durant ses étés. 

    Kendra attribue au club de Whitehorse la discipline requise pour décider de s’investir dans son ski.  Kendra adore faire du ski et elle est disposée à investir le temps nécessaire pour être une skieuse de haut niveau.

    Pour Kendra, le plus gros obstacle a été de ne pas pouvoir participer à plus de courses de haut niveau.  Kendra a observé une amélioration du niveau de ski universitaire au cours des quatre dernières années et elle croit que cette amélioration pourrait être renforcée si on offrait aux athlètes la flexibilité de compléter leurs examens à des heures et des endroits différents lors de leurs voyages de compétition de haut niveau.  L’université Carleton travaille à changer ses processus pour permettre une flexibilité aux athlètes en quête d’excellence dans leur sport, cependant, certains professeurs s’avèrent parfois réticents à accommoder les circonstances spéciales.

    Les deux jeunes femmes ont l’intention de continuer le ski de compétition l’année prochaine dans le but de se tailler une place au sein de l’équipe canadienne participant aux Championnats du monde U23.  Elles prônent toutes deux une meilleure rétention de skieurs dans notre sport par la flexibilité des réseaux de soutien qui aidera les skieurs à trouver l’équilibre nécessaire à concilier les études et le ski après leur graduation de l’école secondaire.